Axes thématiques

Patrimonialisation, référenciation et valorisation ambiantale


En Tunisie, la période allant de 1861 à 1881, correspond à la mise en place d’une nouvelle manière de concevoir les espaces, préconisée par les architectes européens, donnant lieu à un éclectisme architectural qui va devenir de plus en plus apprécié et recherché. L’attirance vers le nouveau, pour vivre autrement, et l’adhésion aux idées de progrès, a donné lieu à un cadre référentiel pour la fabrication de nouvelles ambiances architecturales et urbaines.
Le présent volet vise à interroger la valeur patrimoniale des édifices conçus en Tunisie et ailleurs – aux xixe et xxe siècles – entre autres par le biais des ambiances créées et ressenties (qualité lumineuse des espaces, distribution et qualité de l’air ambiant, performances des dispositifs traditionnels, modernistes et “arabisants”…), afin d’en restituer leur « exemplarité », intégrant les traces-mémoires, les traces matérielles du bâti et celles du patrimoine culturel immatériel détectées dans les récits de vie, les témoignages et l’observation des traits du vécu sensible des usagers.
Quelles valeurs patrimoniales accorder à ce patrimoine ? Comment préserver la valeur patrimoniale matérielle et celle immatérielle ? Les qualités immatérielles peuvent-elles être patrimonialisables ? Qu’en est-il de la question de la pérennité des ambiances du passé au vu des mutations et de l’évolution des sensibilités et des usages d’aujourd’hui ?

Patrimonialisation, renouvellement urbain et réhabilitation durable


Le renouvellement urbain à travers la transformation d’un territoire urbanisé existant a notamment pour objectif de transformer durablement des quartiers, que ce soit de manière spontanée produite par l’habitant ou un secteur privé, ou encore planifiée par les autorités publiques. La revalorisation urbaine peut aussi s’appuyer sur le patrimoine comme outil opérationnel. Comment concilier alors entre patrimonialisation et renouvellement urbain ? Ce patrimoine récent peut-il être un levier du renouvellement urbain et du développement durable ?
Dans ce volet, l’intérêt est aussi porté sur la question des enjeux de la requalification physique de ce patrimoine. Il s’agira notamment d’étudier comment préserver l’authenticité de ce patrimoine tout en procédant à sa réhabilitation pour répondre aux impératifs de la transition énergétique.

Mémoire des lieux ; identité ; caractérisation et évaluation de la qualité d’usage

Le cadre bâti et l’espace habité sont mis en relation par les souvenirs inscrits dans l’édifice comme lieu de mémoire. Tout lieu de mémoire est porteur de signification. La mémoire collective fait référence aux souvenirs d’un groupe social, son maintien construit une identité. Aujourd’hui, le risque de voir son identité s’éroder s’accentue notamment en raison d’adaptations imposées, trop violentes, susceptibles de porter atteinte au « genius loci ».
Comment préserver l’identité et respecter la mémoire du lieu ?
La caractérisation et l’évaluation de la qualité architecturale des édifices -lieux de mémoire-, notamment celles ayant trait à la « consommation » de l’espace, son confort d’usage, son accommodation aux usages actuels, son accessibilité, la façon de s’y mouvoir (navigation et «wayfinding»), sa qualité perçue, son image et son identité… contribuent à la construction des connaissances autour du patrimoine bâti et notamment l’architecture des xixe et xxe siècles. Comment préserver tout en s’adaptant à des usages évolutifs ? En effet, dans une opération de réhabilitation, les occupants du site sont les premiers concernés, il est alors essentiel de bien appréhender la question des usages, des comportements et des modes de vies qui sont en constante mutation.
À travers ce volet, nous nous intéressons aussi aux recherches effectuées pour la caractérisation et l’évaluation de la qualité d’usage.